L'endocrinologie "sportive"

L'on connaît depuis longtemps l'importance des glandes dans le corps humain, mais l'intérêt pour l'étude des glandes s'est trouvé très limité par la grande difficulté d'éta­blir scientifiquement des rapports parfaitement vérifiables entre les possibilités physiques, intellectuel­les et chaque glande particulière.

Dès 1912, une fabrique de dents artificielles avait fait paraître un opuscule sur l'harmonie des formes dentaires et leur correspondance avec la morphologie crânienne, Il y avait 4 formes de dents comme il existait 4 formes de têtes. Le doc­teur Gautier, dont les idées ne sont pas inconnues des lecteurs de La Vie Claire, en fut très intrigué. Il se plongea à fond et passionnément dans l'étude des glandes endocrines à laquelle l'avait initié son maître vénéré le Professeur Mongour, de Bordeaux.
Dès 1935, après 15 années de re­cherches, les 4 types glandulaires étaient découverts et décrits de fa­çon très précise. D'autres auteurs tels les Dr Léopold-Lévi et Pascault et plus récemment aux U.S.A. le Dr Bielher ont décrit certaines caracté­ristiques glandulaires, mais aucun n'a établi une classification aussi complète.
Cette clé, l'existence de types glandulaires, vient de servir effica­cement à un médecin américain, le Dr Abravanel qui, à force d'observa­tions, a trouvé pourquoi les régimes amaigrissants ne peuvent servir uni­formément à chacun et bien souvent échouent.
Il existe, selon lui, des aliments spécifiques qui excitent notre glande dominante. A force d'abuser de ces aliments excitants, la glande domi­nante finit par se fatiguer et elle ne remplit plus son office d'élimina­tion. A partir de là les kilos en trop vont s'accumuler. Il faut donc chan­ger la qualité alimentaire et prendre des aliments qui n'excitent pas notre glande dominante. Par exemple le surrénalien devra éviter de recourir sans cesse aux aliments qui sont excitants pour sa glande dominante à savoir les aliments salés et riches en cholestérol : viande, beurre, œufs. Le thyroïdien devra éviter, lui, les aliments qu'il affectionne : les amidons (farines, céréales et su­cres). Le premier devra insister da­vantage sur les amidons et le second sur les aliments salés... Il y a l'hypophysaire qui aime tout particulièrement les produits laitiers qui sti­mulent l'hypophyse ; il devra se ra­battre sur les aliments des autres ty­pes glandulaires en supprimant pres­que totalement les produits laitiers. De même pour le type gonadal qui est attiré par les épices, les graisses, les huiles et tout ce qui est crémeux. Il devra supprimer ces aliments et utiliser les autres de façon équili­brée. Le Dr Abravanel a trouvé les régimes spécifiques à chaque Type et qui réussissent parfaitement à faire maigrir ceux et celles qui sont sur le chemin de l'obésité (1). La découverte du Dr Abravanel est sim­ple mais il fallait y penser. Des mil­liers de gens ont pu ainsi maigrir aux U.S.A.


Aptitudes physiques conférées par nos glandes

Peut-on concevoir maintenant une forme d'activité physique ou spor­tive qui conviendrait à un type glan­dulaire donné ? Oui d'une certaine manière. L'exercice physique est excellent pour tous et indispensable à une bonne santé. Mais il existe une certaine discrimination des genres d'activité en fonction de nos glandes dominantes. Chaque glande apporte déjà par elle-même à nos mouvements des caractéristiques et aptitudes particulières dont on peut tirer grand parti. La thyroïde ap­porte vitesse, soudaineté, étendue, rythme, souplesse. La surrénale donne au muscle sa puissance, sa force de contraction. L'hypophyse apporte ténacité et résistance. La génitale confère l'adresse, la préci­sion, l'exactitude des effets à pro­duire.
Au point de vue compétition sportive, l'art chorégraphique sera le domaine et même le monopole des thyroïdiens ainsi que la course de vitesse. Pour les surrenaliens : le lancé de poids, le catch, la lutte. Pour les hypophysaires : le cy­clisme, la course de fond. Tous les sportifs cyclistes sont des hypophy­saires. Enfin pour les génitaux, des sports qui demandent adresse et pré­cision : judo, escrime...
A chacun de reconnaître son Type glandulaire, c'est-à-dire sa glande dominante et d'apprendre ainsi les genres d'activité qui peu­vent correspondre le mieux à sa per­sonnalité. Mais pour le commun des mortels pas d'obligation de prati­quer la forme de sport qui corres­pond forcément à son Type exact. Il faut simplement savoir respecter ses limites. Un thyroïdien ne doit pas s'engager dans une aventure d'alpinistes où la résistance, l'endurance seront les qualités presque essentiel­les ; à moins qu'il n'ait une bonne hypophyse. Le surrénalien n'a pas intérêt à se lancer dans une compéti­tion d'escrime à moins qu'il n'ait une bonne génitale. Le génital ne sera pas un bon danseur s'il n'est pas soutenu par une thyroïde très active lui conférant souplesse, rapi­dité et sens du rythme, etc.
D'une manière beaucoup plus gé­nérale, voici ce qu'on peut dire sur l'état de nos forces par rapport à nos glandes endocrines : Activité grande, agitation, vivacité = thyroïdien.
Activité débordante, jamais de fati­gue, grande puissance musculaire = hypersurrénaiien.
Grande activité, grande résistance, sportif = hypophysaire. Grande activité mais fatigable = hyperhépatique.
Fatigue excessive et continue, som­nolence invincible dans la journée = hyposurrenalien. Grosse fatigue habituelle, tendance à la dépression, apathie, phobie, an­goisses, tristesse = hypothyroïdien. Fatigue moyenne et continue, sur­tout le matin, ou par accès brusques dans la journée avec tendances aux syncopes, aux faiblesses = hypo­thyroïdien.
Fatigabilité intellectuelle = hypo­thyroïdien et hypogénital.

Les mécanismes intimes des glandes

L'activité physique, le sport, la course, à pied par exemple (footing) ont acquis une vogue certaine de­puis quelques années. On s'est rendu compte que l'exercice physi­que était un facteur de santé excep­tionnel, surtout pour éviter les en­crassements cardio-vasculaires. Le sport agit sur nos glandes et procure à notre organisme ce qu'on appelle la forme et à notre esprit, le calme et un certain bien-être intérieur. Le sport peut aussi être une forme de thérapeutique générale de certains troubles à la fois physiques et psy­chologiques. On constate, après un bon exercice physique, que le ner­veux se calme, l'angoissé s'apaise, le tendu se décontracte... Le sport agit donc à la fois sur la sphère purement organique mais aussi sur l'ensemble de notre personnalité psychologique ; c'est par l'intermé­diaire des glandes endocrines que l'exercice physique systématique ou le sport agissent sur toute la person­nalité.
Les philosophes et les rhéteurs grecs recommandaient à leurs élèves les exercices modérés comme la marche, pour vivifier la pensée, lui donner de l'aisance, de l'originalité. En effet, un exercice modéré ne manque pas d'exciter la thyroïde puisque celle-ci dirige l'élaboration de l'acide lactique nécessaire à la contraction musculaire. D'où son abondance plus grande dans la cir­culation sur le cerveau, donnant des dispositions imaginatives plus gran­des, une meilleure élocution, ce que les rhéteurs grecs recherchaient par­ticulièrement.
Rentrons un peu dans les détails pour montrer le « travail » passion­nant qu'effectuent nos glandes en­docrines dans nos comportements généraux mais surtout dans les exer­cices physiques. Nous savons bien que l'influx nerveux et les substan­ces nutritives apportées aux muscles par le sang sont bien insuffisants pour permettre un exercice de quel­que durée. Les hormones doivent intervenir. Elles sont indispensa­bles. L'adrénaline intervient pour neutraliser l'acide lactique que pro­duit l'excitation musculaire. Tandis que les tissus sont imprégnés d'adrénaline, les vaisseaux et les ca­pillaires se dilatent. Habituellement pourtant, cette hormone de la médullo-surrénale rétrécit les vais­seaux (vaso-contrition). Mais en quantité extrêmement faible, elle possède une action paradoxale de légère dilatation (vaso-dilatation). Elle augmente aussi légèrement la tension artérielle interne et rend la respiration plus profonde. La thy­roïde intervient : elle oxyde les fi­bres musculaires et accélère la vi­tesse des mouvements car elle augmente la vitesse des contractions (chronaxie). Elle dilate alors les ca­pillaires si l'exercice s'intensifie. Elle rend les mouvements respira­toires et cardiaques plus rapides et agit en même temps sur la diges­tion, sur le foie, le pancréas, les sécrétions intestinales. Elle passe dans les vaisseaux lymphatiques où elle développe la phagocytose (ab­sorption et digestion des microbes par les globules blancs qui se trou­vent très activés).
Ces deux sécrétions agissent éga­lement sur le cerveau du sportif. Dans une partie de tennis, la résis­tance, la vivacité du joueur doivent bien s'allier à l'esprit pour cons­truire son attaque ou sa défense. Tandis que la thyroïde donne au joueur un peu d'imagination, avec l'ingéniosité et une certaine adresse, la surrénale l'empêche d'imaginer les coups fantaisistes mais le conduit à ne tenter que les points les plus réalistes afin de réussir. Si l'ef­fort musculaire persiste, la chaleur du corps augmente et aussi la respi­ration. La vapeur d'eau s'exhale par les poumons.
Pour lutter contre la température, la thyroïde, par voie nerveuse, excite les glandes sudoripares et les membres se couvrent de sueur. La surrénale intervient alors pour abais­ser la température organique. La partie finie, tout en sueur, notre joueur éprouve une impression de froid. Il s'éponge, se couvre ; la thyroïde arrête alors son activité pé­riphérique afin de supprimer trans­piration et vaso-dilatation externe et reporter son oxydation sur la partie interne de l'organisme.

Un songe à la Orson Wells

Le docteur Gautier nous fait faire un songe. A la manière de Wells qui inventa la machine à remonter le temps, supposons quelques instants que nous possédions la machine à visualiser tous nos fonctionnements glandulaires. Un écran fluorescent est devant nos yeux et nous pouvons suivre en détails l'évolution de la circulation et des hormones à tra­vers le corps. Toutes les parties so­lides sont comme traversées par un faisceau de rayons X et seul l'épiderme apparaît comme un revête­ment diaphane.
Le sang paraît blanc laiteux et les hormones sont colorées de toutes les couleurs. Devant nous évolue un couple qui danse. Leurs formes sont semblables au cristal et brillent dans une douce luminosité. L'homme et la femme sont beaux. Leur élé­gance, la grâce, la douceur de leurs gestes nous confirment qu'ils sont de Type génital. Légèrement serrés l'un contre l'autre, ils se meuvent avec souplesse et lenteur. Leur thy­roïde se colore en rosé puis en rouge et très doucement la même teinte atténuée, transparente, enva­hit l'organisme. Leur vitalité s'am­plifie. Leur tête se nimbe d'un roséopalescent. Le plaisir, l'exercice excitent leur thyroïde. De douces pensées dorent leur esprit. La danse s'accélère un peu et de temps en temps un flot bleuâtre s'épanche de leur surrénale, cernant les formes musculaires, auquel le rosé de la thyroïde se combine en rosé tendre ; la douce couleur disparaît, revient, disparaît à nouveau. C'est l'adréna­line qui vient désintoxiquer ainsi leurs muscles qui se fatiguent en se chargeant d'acide lactique. Leur cerveau devient plus rosâtre. La partie abdominale et inférieure de leur corps devient plus rosé. L'exci­tation devenant plus langoureuse, les corps se serrent un peu plus. Les parties sexuelles de l'homme se co­lorent en brun, puis celles de la femme dont tous les organes sexuels secondaires se colorent d'une teinte chaude, combinaison du rosé thyroï­dien et du brun génital ovarien. De leur région génitale, un fluide jau­nâtre monte vers le cerveau ; il y apporte le désir sexuel. Dans le cer­veau il rencontre l'action de l'hypo­physe qui s'en mêle en colorant le bas cerveau d'une belle couleur verte. Bien vite le rosé thyroïdien y disparaît. Ce sont des idées raison­nables, des pensées calculées, d'in­térêts peut-être qui germent dans leur esprit ou tout au moins le fait de considérer comme une folie de s'aimer et de s'appartenir l'un à l'autre. C'est maintenant la sécré­tion de leur génitale interstitielle qui devient plus active dans leur cer­veau, comme stimulée par l'hypo­physe, et y introduit des concep­tions de sens moral. Alors douce­ment les parties sexuelles se décolo­rent, le brun s'estompe, fait place à la couleur jaune de la génitale in­terstitielle. La volonté s'est exercée. Le contrôle du désir a eu lieu. La danse se termine avec la vision.

Un moyen thérapeutique hors pair

La connaissance des fonctionne­ments glandulaires intimes nous permettra, seule, de comprendre tous les mécanismes de la vie, de la santé et de toute la personnalité psy­chologique. II n'est rien dans tous nos fonctionnements qui ne passe par l'action des hormones ; du nour­risson qui tête à l'homme mûr ravi par l'audition d'un concert en pas­sant par l'enfant qui bâille, ce sont toujours les hormones qui sont à l'origine de ces très fins mécanis­mes. C'est enfin de l'équilibre le plus harmonieux possible entre les différentes glandes que dépend non seulement la santé florissante mais encore la richesse de nos personna­lités. Je voudrais terminer en signa­lant qu'il y a déjà plus de 50 ans que le docteur Jean Gautier réalisait des rééquilibrations glandulaires spectaculaires en seulement quel­ques mois par application de cou­rants Haute Fréquence selon la méthode découverte par le grand sa­vant Arsène d'Arsonval en 1891.
Malheureusement, la conférence internationale d'Atlantic City en 1947 attribua officiellement certai­nes longueurs d'onde pour les appa­reils de soins médicaux. La darsonvalisation ne faisait pas partie de ces longueurs d'onde pour cause de pol­lution hertzienne. Le Dr Gautier dut abandonner cène thérapeutique ex­trêmement prometteuse. Ou il eut fallu qu'il se rabattît sur l'utilisation d'ondes beaucoup plus courtes. II ne le voulut pas car les résultats thérapeutiques étaient presque nuls. Gautier développa alors sa méthode de traitements par extraits glandulaires beaucoup plus longs et moins efficaces.
Il est actuellement possible de faire des applications de darsonvalisation en munissant les appareils de protections étanches aux rayonnements de haute fréquence. La darsonvalisation reste le seul moyen, puissant et efficace, de procéder à des transformations réelles de l'équilibre endocrinien ; elle a les plus heureux effets non seulement sur les symptômes purement physi­ques mais particulièrement sur notre esprit. Elle réussit tout spécialement chez les enfants en difficultés sco­laires et/ou caractérielles. La darsonvalisation ou diathermie à moyennes fréquences agit en repro­duisant les fonctionnements que su­bit l'organisme au moment des pu­bertés : effervescence endocrinienne où les glandes trop actives se modè­rent et où les insuffisantes s'exci­tent. Enfin, l'un des résultats les plus remarquables de cette merveilleuse thérapeutique est de parvenir à un bon développement de la glande interstitielle génitale dont l'action générale sur notre esprit et notre in­telligence est exceptionnelle comme l'a démontré le Dr Gautier depuis plus de 40 ans. En conclusion on peut dire que la darsonvalisation re­présente un espoir sans pareil pour rendre l'équilibre aux organismes plus ou moins délabrés et pour sus­citer une intelligence plus efficiente.

Jean du CHAZAUD La vie claire 1981

(1) Docteur Abravanel, Le Régime D, Solaréd.. 1983.