La glande génitale : glande de la volonté.

Les glandes endocrines agissent en nous jusqu'en nos plus fines activités et particulièrement les plus intellectuelles. Ce sont les mécanismes que l'on étudie en endocrino-psychologie du docteur Gautier.

Faculté psychologique et morale, la volonté n'a jamais fait l'objet de recherches physiologiques. Cela est dû à l'énorme difficulté de conce­voir qu'une faculté psychologique puisse être explicable par des pro­cessus glandulaires. On conçoit bien que le foie joue un rôle dans la libération du glucose, que le rein est un filtre sanguin indispensable, que le pancréas serve à la digestion et à la régulation du taux de sucre dans le sang, etc., mais on n'imagine pas que la volonté ou la pensée puissent obéir à des mécanismes hormonaux. Pourtant, aucune de nos efficiences n'échappe au corps et à ses fonc­tions. Nous en avons une intuition immédiate et en subissons l'évi­dence. Lorsque nous pensons, c'est avec notre cerveau et nos glandes. Nous ne disons pourtant pas que le cerveau sécrète la pensée comme le foie sécrète la bile selon l'apho­risme célèbre. C'est justement parce qu'un tel énoncé est choquant qu'on s'est détourné de son étude. C'est choquant parce qu'on pose mal le problème. En termes de pure causa­lité nous sommes dans une impasse : la pensée n'est d'abord pas un pro­duit de sécrétion ; d'autre part, elle n'est pas un simple mécanisme mais un complexe incroyable de nuances qui est le résultat d'une maturation longue et d'une synthèse psycho­physiologique. Étudier le fonction­nement des facultés mentales relève donc d'une méthode très particulière qui ne peut se fonder sur le seul principe de causalité. Il y faut un esprit largement synthétique, ce qui est chose rare et la raison même de l'ostracisme rencontré par les tra­vaux du docteur Gautier. De toute façon, métaphysiquement parlant, nous ne pouvons pas dire que le cerveau sécrète la pensée ou que nos plus hautes facultés sont cau­sées par des mécanismes physiolo­giques. On tomberait dans ce qu'on appelle le réductionnisme. Nous pouvons seulement dire que le corps et ses mécanismes sont la condition d'exercice de nos facultés mentales.

De la première à la deuxième puberté

Dans la genèse de l'individu, la première puberté, au 8e jour, a eu pour objet la mise à niveau de la glande génitale interstitielle en lui infligeant une première et grande stimulation. Cette activité glandu­laire a permis d'acquérir, au début de la vie, des activités fonctionnel­les avec toute l'exactitude néces­saire et tout particulièrement des images verbales (mots) bien consti­tuées avec un langage bien formé. Lors de la deu­xième puberté, vers 11-12 ans. les propriétés de la génitale n'ont pas changé mais sa puissance s'est ac­crue et est devenue beaucoup plus précise. Elle va obtenir des effets qui nous semblent bien différents mais qui sont pourtant les mêmes : la génitale va pouvoir agir sur des idées c'est-à-dire la réémergence de nos premières sensations au lieu d'agir directement sur les sen­sations que nous procure le monde extérieur.
En effet au début de la vie nous avons d'abord des sensations direc­tes. Ensuite avec la formation du langage nous formons des mots et des idées qui sont la représentation idéative des objets. Pour notre en­tendement, sensations et représenta­tions idéatives sont des phénomènes différents. Mais en réalité, si l'on y réfléchit bien, il n'existe point de différence pour notre personnalité. C'est à cette époque de la vie que l'esprit va pouvoir se développer ou bien, au contraire, marquer un coup d'arrêt si la, sexualité vient prendre trop d'importance. C'est en effet à la deuxième puberté que s'opère le développement des organes géni­taux. La génitale interstitielle y joue un rôle mais elle ne retombe pas dans l'inaction une fois cette tâche accomplie. Son action va se poursuivre dans le sens intellectuel et moral à moins que la préoccupation de jouissance sexuelle ne survienne et n'obnubile le sujet au point de le priver peu à peu de ses possibilités réalisatrices.

SEXUALITÉ... OU INTERSTITIELLE

Le docteur Gautier explique que trois cas se présentent : dans le pre­mier cas, la sexualité exerce une forte attraction et accapare l'inten­tion, l'intérêt, les tendances vitales du sujet. Elle devient un point d'uti­lisation de la sécrétion génitale. L'individu se souciera surtout de cette question et se détournera des autres activités. Ses capacités intel­lectuelles pourront en souffrir gra­vement ainsi que l'évolution, la ma­turité, la formation de son esprit. C'est toute l'évolution psychique et morale du sujet qui en pâtit. Dans le second cas. le sujet peut être l'objet d'incitations sexuelles, mais il peut les négliger, les considérer comme secondaires et comme ne devant pas empiéter outre mesure sur ses autres activités. Le sujet mène de front les difficultés de l'existence et les ques­tions sexuelles. L'intelligence n'en est point troublée et elle peut parfois être stimulée. Dans le troisième cas. en raison de la pudeur ou de croyances religieuses, très rarement en raison de conceptions morales, le sujet entre en lutte directe avec sa sexualité, il la combat victorieuse­ment, en réduit ou annihile volon­tairement toutes les velléités intem­pestives. Il en acquiert rapidement une intelligence réfléchie, médita­tive, puissante, susceptible d'utiliser l'attention et la volonté dans les actes habituels de l'existence et en­core beaucoup plus dans l'élaboration intellectuelle et le labeur psy­chologique.

Rôle de l'attention et de la volonté

Nous avons vu précédemment que la génitale joue un rôle impor­tant dans l'acquisition du langage, l'homogénéité des images verbales et leur adéquation à la réalité. Cette même génitale va maintenant s'exercer tout particulièrement sur nos enregistrements idéatifs en per­mettant l'exercice de deux facultés fondamentales pour la personnalité : l'attention et la volonté.

CONNEXION AVEC LE SENS MORAL

Nous voyons donc dans les deux phénomènes de l'attention et de la volonté, l'action directrice, régula­trice, modulatrice de la sécrétion interstitielle qui intervient pour pro­mouvoir ces deux facultés dans une efficacité réelle. Sans cette sécré­tion, l'attention et la volonté ne peuvent être que des plus débiles, voire inexistantes. L'attention et la volonté sont donc les résultantes des facteurs moraux très importants qui excitent la sécrétion interstitielle. Comme l'explique le docteur Gau­tier. la vivacité sécrétoire de la gé­nitale provient aussi de la répétition d'idées et d'actes bons, généreux. désintéressés qui auront été exécutés maintes fois au point d'en rendre solidaire et vivace le fonctionnement de notre glande génitale.
Ces valeurs et finalités morales ne vont pas de soi. L'enfant ne les a pas spontanément de lui-même. Il faut les lui enseigner par l'éducation en en montrant la nécessité, la logi­que, les avantages pour la société. La génitale peut agir sur tout l'orga­nisme. Lorsqu'elle s'active, elle im­pose au somatique (le corps) le sang-froid physique et la mise en réserve de ses forces, précise d'une manière parfaite tous les mouve­ments musculaires, enfin agit sur les émotions et les sentiments parce qu'elle est fortement modératrice et régulatrice des rythmes des organes végétatifs tout en permettant une certaine vigueur. Agissant sur l'in­telligence, elle domine l'attention.

VOLONTÉ ET SENS MORAL : NOTIONS CONNEXES

Au point de vue sexuel, la ques­tion de la volonté est un peu plus complexe. La sécrétion génitale ne peut intervenir qu'en fonction d'un principe, d'une idée morale qui a été associée par l'éducation ou par un état sentimental (pudeur) à l'idée d'un fait sexuel. C'est cette tendance idéative d'ordre moral qui ré­veille la génitale car c'est cette glande qui en a d'abord effectué l'enregistrement dans le cerveau. La sécrétion génitale va alors s'opposer aux instigations organiques et ima­ginatives en prenant la place de la sécrétion thyroïdienne excitatrice pour y substituer la sienne, pondéra­trice et morale, et ce dans tous les éléments nerveux qui doivent parti­ciper à la réalisation de l'excitation sexuelle.
La génitale peut non seulement modérer directement l'action de la thyroïde, mais susciter celle de l'hy­pophyse « raisonneuse » ; elle peut aussi restreindre la sensibilité, arrê­ter les mouvements musculaires et fixer dans l'esprit une idée morale en remplacement d'une idée eroti­que. Ce processus est donc fort peu différent de celui de l'attention sauf qu'il s'étend à des parties organi­ques plus étendues et plus variées.
Après la première puberté, l'in­terstitielle est peu agissante. Elle joue un rôle important de régulateur mais de manière inconsciente. Elle établit d'excellents rapports entre les vibrations nerveuses et les in­fluences hormonales. Son action est donc effacée, automatique. Cepen­dant, cette action peut augmenter nettement pour certains mouve­ments complexes : ceux qui obli­gent à la précision et à l'adresse ; ceci explique que les sujets précoces en arts plastiques sont en retard sur les musiciens et les mathématiciens.

A la deuxième puberté, la géni­tale augmente ses pouvoirs. Elle les a exercés jusqu'à présent d'une manière obscure. Elle va maintenant le faire d'une manière consciente et parfois voulue. Dés l'origine cette sécrétion a fixé sur les cellules ner­veuses une quantité hormonale parfaitement adéquate à une activité ou à une image verbale. Cette modalité est enregistrée nerveusement et la vibration nerveuse qui en résulte aura, à chaque rappel du mot ou de l'activité, la même valeur et la même résonance. C'est cette va­leur hormono-vibratoire qui donne au mot sa connotation psychologi­que. A cette époque de la vie, rien ne va être changé mais encore une fois, c'est d'une manière consciente et désirée par le sujet, en raison de principes supérieurs, de finalités in­tellectuelles, scientifiques, morales ou religieuses que l'individu pourra appliquer, grâce à sa génitale, une sécrétion donnée et particulière à une activié ou à une élaboration psychologique.

Mécanismes glandulaires de l'attention et de la volonté

Que se passe-t-il dans l'attention ? Une idée étant composée d'une vi­bration nerveuse et d'une hormone qui s'y trouve combinée, la génitale interstitielle a le pouvoir de mainte­nir active sur certaines cellules céré­brales la même valeur hormonale. Cette même valeur maintiendra dans l'esprit la même pensée pendant tout le temps que nous voudrons, c'est-à-dire le temps pendant lequel agira la génitale interstitielle. L'attention n'est que la persistance d'application d'une même hormone sur les vibrations de certaines cellu­les nerveuses sur lesquelles agit la sécrétion génitale.
Pour la volonté, il en est presque de même : la génitale permet d'ap­pliquer à des cellules nerveuses et à des organes participant à une activité, une sécrétion déterminée pour parvenir à l'effectuer en dépit de sa répulsion. Sur les vibrations nerveu­ses figurant pour nous l'idée d'un acte, vient se greffer la sécrétion génitale qui fixe alors l'hormone particulière qui en permet l'exécu­tion. Ce phénomène est identique à celui qui s'effectue quand nous ap­prenons un mouvement.
De tels phénomènes sont loin de notre façon habituelle de penser et nous les trouvons fort compliqués.
C'est dû à la nécessité de l'analyse. Pourtant, rien n'est plus simple. Quand l'idée morale associée à l'idée sexuelle jaillit dans l'esprit, il en résulte une intensification fonc­tionnelle de la génitale puisque de telles idées ont été enregistrées sous son influence. Cette sécrétion augmente dans tout l'organisme d'où elle ne disparaît que lentement. Elle se fixe sur les neurones et les cellules cérébrales affectés par l'idée morale sous forme de vibra­tions nerveuses et sur de nombreux organes. Elle fait dominer dans l'or­ganisme les agissements et les idéa-tions en conformité avec les idées morales, elle les y impose et leur permet d'y rester.
De telles explications qui ont de­mandé au docteur Gautier beaucoup d'efforts synthétiques et de travail d'interprétation de réalités cachées, nous plongent de plain-pied dans l'endocrino-psychologie. Cette disci­pline nous montre le rôle précis et détaillé que joue la sécrétion géni­tale dans la formation de l'esprit et les activités intellectuelles et mora­les qui ne peuvent se manifester sans l'apport et le concours obligé de nos glandes endocrines.

STIMULATION DE L'INTERSTITIELLE

Pour profiter pleinement des ef­fets si remarquables de cette glande endocrine, le docteur Gautier avait mis au point sa méthode par électri­cité de haute fréquence à partir du principe de d'Arsonval. Il retira pendant des années de tels résultats dans la ré-équilibration glandulaire et la stimulation de la génitale intersti­tielle qu'il dit un jour de d'Arsonval qu'il méritait une place de choix parmi les plus grands génies de l'humanité. Cette méthode qui né­cessite des séances assez prolongées renforce le fonctionnement de l'in­terstitielle, harmonise tous les fonctionnements glandulaires et procure des améliorations très notables aussi bien au niveau physiologique que psychologique et intellectuel. C'est notamment un traitement de choix pour les écoliers, les adolescents et les étudiants qui veulent réussir sur le plan de leurs études. Enfin : une note toute particulière pour tous les états d'hypothyroïdie, les états pré-mongoloïdes et fort probablement les mongoliens (trisomiques) traités assez jeunes.

Jean du CHAZAUD La vie claire 1986